Séminaire "Ethique et soin"

23 mars 2012 : Guy Lebeer, sociologue, enseignement en sciences sociales et politique, Université Libre de Bruxelles
« L’éthique en comité : une médecine sous surveillance ».



Axe 3 du Centre Georges Chevrier, umr cnrs 5605
Directeur : Pierre Ancet (mcf philosophie)
Organisateur : Florent Schepens (mcf sociologie)

L’éthique fait son apparition dans le monde du soin dans les années 1960, à partir du moment où la médecine - grâce à la recherche scientifique - se trouve en capacité d’agir dans des situations de plus en plus nombreuses. Se pose alors une question inhabituelle pour le monde médical de l’époque : Est-il toujours de l’intérêt du patient que la médecine ait une position thérapeutique active ? Pour bien faire, ne faut-il pas parfois s’abstenir ? Faire ou s’abstenir ? C’est l’invention du dilemme éthique.

Aujourd’hui, le terme éthique est utilisé par tous les soignants, médecins, infirmiers, psychologues, aides soignantes.... La réflexion, le questionnement éthique permet d’arriver, pour reprendre une expression des soins palliatifs, à la « moins mauvaise des solutions » en ce qui concerne une situation particulière. Pour autant, si on interroge les soignants, on se rend compte que l’éthique a des usages et des définitions pour le moins variables d’un service à l’autre. Différentes éthiques s’affrontent – de la conviction, de la responsabilité - en fonction des buts poursuivis par les soignants. On ne prend pas soin de la même manière en réanimation et en soins palliatifs, ce qui fait qu’une même action, l’euthanasie par exemple, sera définie dans un service comme relevant d’une nécessité éthique (le médecin doit prendre ses responsabilités face aux dégâts que peut générer la médecine), alors qu’elle fera figure de mauvaise pratique ailleurs.

Les buts poursuivis sont aussi variables en fonction du statut professionnel des soignants (une infirmière n’a pas la même approche qu’un médecin), ce qui peut donner lieu, en fonction de la culture du service, à de grandes discussions éthiques ou au déni d’une quelconque compétence éthique à qui n’est pas médecin.

La question de ce séminaire est alors, après avoir préalablement défini les termes utilisés, de savoir ce que l'éthique fait au soin, ce que le soin fait à l'éthique. En bref, il s'agit, dans une approche critique, d'interroger les usages de l'éthique par les soignants : A quoi sert l'éthique? Quelle éthique? L'éthique existe-elle ou n'est-elle que morale professionnelle, déontologie? L'éthique est-elle un concept ou une notion? Que cache l'éthique?....

Ce séminaire, pluridisciplinaire tant du côté des auditeurs que des communicants (philosophe, psychologue, psychiatre, sociologue, anthropologue, médecin...), souhaite permettre un éclairage multiple d’un même objet de recherche.


Ethique et soin 2011-2012



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